Premiers jours à Kuala Lumpur

Cela fait deux jours que je suis dans la capitale malaisienne, deux jours que tous mes sens sont sollicités en permanence. La vue tout d’abord, par toutes ces couleurs qui se juxtaposent, contrastant avec le gris des buildings. Les oreilles sont également servies par le trafic incessant, par les chansons indiennes lorsqu’on passe près d’une boutique, par les sons de toutes ces langues qui se mélangent, chinois, malais, tamoul et anglais. L’odorat enfin, avec ce mélange étrange de parfums fleuris, de fumets émanant des restaurants, de gaz d’échappement, et d’orage. Le dépaysement est très agréable, la découverte l’est tout autant. Je vais essayer de vous raconter ce que j’ai vu en faisant le tri parmi toutes ces choses nouvelles.

J’ai la chance d’être dans une auberge plutôt bien située, à la frontière des quartiers de Chinatown et Little India, soit « le cœur » de la ville d’après les locaux, par opposition au « centre », qui est plutôt constitué de grandes tours d’affaires. Ici, l’ambiance est fort sympathique, avec ses rues colorées bordées de boutiques minuscules et de toutes sortes de restaurants : chinois, indiens, malais, musulmans, etc. La cohabitation entre les différentes cultures semble à première vue réussie.

Depuis mon auberge j’ai donc facilement à portée de main les endroits les plus intéressants de la ville. La mosquée Jamek (« Masjid Jamek »), ma toute première visite (je me suis perdue pour y aller, bien entendu). Cette mosquée est la plus ancienne de la ville, mais elle a été délaissée depuis l’ouverture de la mosquée nationale (Masjid Negara). Je l’ai trouvée fort jolie, mais elle était si peu imposante que la visite a été bouclée en sept minutes, enfilage de burqa rose de jedi compris. 

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Pas loin de la Masjid Jamek on trouve le square de l’indépendance (Merdeka Square). C’est ici qu’a été hissé pour la première fois le drapeau national, le 31 août 1957, à la place de l’Union Jack. Le square en lui-même n’a rien de visuellement spectaculaire : il s’agit d’un grand rectangle terreux, qui autrefois accueillait des matchs de cricket. En revanche, on trouve sur sa droite le Sultan Abul Samad Builing, beau bâtiment imposant d’architecture moghole indienne.

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De l’autre côté de la rivière et un peu plus au sud, on trouve le quartier chinois qui se concentre autour de la Petaling Street. J’y suis allée en plein après-midi, cette rue était bouillonnante d’activité, avec ses multiples boutiques de chaussures de marque (contrefaçon ? noooon), de sacs, de montres, de parfums, etc. Les vendeurs sont loin d’être uniquement Chinois : les Malais et les Indiens sont eux aussi largement représentés. Je me suis fait la même réflexion dans le quartier Little India, où de nombreux vendeurs Chinois tenaient des boutiques de bijoux.

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Toujours en descendant vers le Sud, on trouve des temples chinois. Après deux tentatives infructueuses j’ai finalement réussi à trouver un temple hindouiste dans le même coin, en suivant des indiennes en sari plutôt que ma carte toute pourrie. C’était la copie conforme d’un temple d’Inde du Sud, avec sa pièce montée géante ornée de toutes les divinités possibles.

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Encens brûlé dans le temple chinois

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Sri Maha Mariamman

Ce matin je me suis décidée à aller à pied à la mosquée nationale (Masjid Negara), qui se situe légèrement à l’Ouest du quartier chinois. J’y suis parvenue avec difficulté (faire de la marche sous un soleil de plomb n’est jamais chose aisée), mais finalement heureuse une fois arrivée de pouvoir me promener dans la fraîcheur de l’édifice. Construite en 1965, cette mosquée a d’abord été boudée par la population à cause de son dôme rose. Lorsque ce dernier a été repeint dans un bleu plus acceptable, la fréquentation a commencé à augmenter.

Rien à voir avec la Masjid Jamek : cette mosquée est immense. Lorsque j’arrive au comptoir d’accueil pour emprunter une tunique/voile, l’une des deux dames me demande « muslim ? » (musulmane ?). Je n’ai pas répondu tout de suite, n’ayant pas compris qu’elle s’adressait à moi. Mais sa collègue m’a regardée de haut en bas avec un air presque méprisant, et lui a répondu à ma place : « no… not muslim ». Ok. Je confirme, mais je ne sais pas ce que ça a changé. Allaient-elles me donner un livre de prière si j’avais répondu oui ?

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J’ai globalement déjà visité tous les points intéressants. Vous pouvez bien sûr voir beaucoup d’autres photos dans les albums Kuala Lumpur 1 et 2. Il me reste d’autres choses à raconter, mais je m’arrêterai là pour l’instant. Cette ville est passionnante à découvrir, et l’atmosphère qui y règne est attachante. Je pars d’ici mercredi pour rejoindre une ville de banlieue, Kajang, dans laquelle je resterai jusqu’à la fin du mois. Le principal intérêt de cette ville est qu’elle abrite un lycée et une université chinois, ainsi que le centre associatif des professeurs unis dans la défense de la langue chinoise. Tout cela me sera fort utile pour mon mémoire, d’où ma décision de quitter Kuala Lumpur pour séjourner dans cet emplacement stratégique. Demain j’irai faire un tour à la bibliothèque nationale, pour commencer à être un peu sérieuse.

2 commentaires


  1. Les gens l’ont d’abord boudée parce qu’elle avait un dôme rose… J’aime !
    Et j’aime aussi la burqa rose. C’est quand même bien plus glam’ que ce qu’ils font en Arabie Saoudite, je plussoie.

    En tout cas, je te vois bien avec un plan de la ville, tourné dans tous les sens, à la recherche de la mosquée nationale. [Heureusement, maintenant t’as Google – désolée, je me sentais obligée de le dire…]

    M’enfin, je suis heureuse de voir que tu es bien arrivée et que tu n’as pas eu à souffrir la chape de pollution ! ENJOY, BABE! <3


    1. Oui, la burqa rose/violette ça a son charme. Surtout quand tout un groupe de touriste japonaises la mettent, on dirait une secte. 🙂

      Hélas, ton Google me fait parfois défaut… au moins à Tokyo il n’y avait qu’à demander à Mastuko ton chemin, et bim.

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