Enfin chez soi

Nous avons emménagé jeudi dernier ! Cela faisait presque trois semaines que nous squattions l’hôtel-studio du campus. On commençait sérieusement à s’y sentir à l’étroit, sans compter le fait qu’être en permanence sur mon lieu de travail n’avait pas grand-chose de réjouissant, si ce n’est la proximité avec mes salles de classes (5mn à pied). Maintenant nous sommes certes un peu plus loin, mais c’est si bon d’être chez soi !

Rappelons qu’à la base, l’université devait me fournir un logement. Puisque Thomas et moi sommes mariés, nous avions le droit à un T2 ou à un T3 dans la tour des professeurs. Mais deux jours avant de partir, j’ai reçu un mail de l’administration, qui m’annonçait que ce type de logement était maintenant soumis à une commission d’examen. Problème : puisque la Chine est dans une politique de limitation des étrangers, les enseignants chinois allaient forcément passer prioritaires. D’autre part, la commission n’a pas annoncé de date de réunion. Selon la secrétaire, l’attente pouvait donc durer jusqu’à un mois. Impossible pour nous de rester un mois dans l’hôtel du campus, dans l’incertitude d’avoir ou non logement d’attribué. Nous avons donc décidé de chercher un appart !

Je dois préciser qu’à Zhuhai, il y a des agences immobilières partout. Au pied de chaque complexe immobilier, elles ont pignon sur rue et se font concurrence. Ici il n’est pas possible de négocier de particulier à particulier, les contrats de location doivent obligatoirement être réalisés par un intermédiaire. Nous avons donc poussé la porte d’une première agence, un peu hasard, dans le quartier de l’université. Le lendemain, nous avions une visite de prévue, et encore deux autres le jour suivant.

Certes, les loyers n’étaient pas élevés : moins de 200€ par mois, mais les conditions n’étaient pas géniales. Pour l’un des appartements, le quartier était entièrement en travaux, avec un accès tout boueux. Pour l’autre, la distance posait problème : à 40mn de bus de l’université. Enfin, dans chacun de ces appartements, il n’y avait qu’une seule pièce. Et surtout, l’agent immobilier a fini par m’insupporter, il se permettait de faire des commentaires du genre : « vous avez besoin d’un mur qui sépare la salle de bains de la cuisine ? Je pensais que vous étiez un couple, mais apparemment vous avez besoin d’intimité, aha ! ». Hum hum… Vous voyez le tableau pourtant : la salle de bains dans la cuisine… et par salle de bains j’entends toilettes turques, évidemment. Une de nos collègues, Julie, professeur de maths, a eu vent de nos déboires. Elle parle mieux chinois que moi, et nous a proposé de venir voir en bas de sa résidence ce que les agences avaient à proposer. C’était plus cher que notre budget initial, mais tout de même inférieur à 400€/mois. Son aide a été précieuse : l’employée de l’agence parlait beaucoup trop vite pour moi, et refusait de ralentir son débit. En plus de bien parler mandarin, Julie sait aussi négocier et insister au bon moment, ce qui est déterminant pour faire avancer les choses en Chine.

C’est ainsi qu’après quatre nouvelles visites dans des tours-résidences, nous avons porté notre choix sur un appartement au 12ème étage, avec une petite vue sur la mer ! Bon il y a une grosse tour au milieu, mais il y a la mer de chaque côté. Et on voit le pont qui va jusqu’à Hong Kong !

L’intérieur de l’appart est chouette aussi : on a une chambre séparée, une belle salle de bains, une petite cuisine, un petite terrasse avec une machine à laver et de quoi étendre le linge. Tout est assez neuf, et moderne. C’est un peu anonyme de vivre dans ce genre de résidence, mais je trouve quand même le lieu agréable, avec sa brise marine permanente et ses nombreux arbres. Il y a des familles chinoises qui occupent souvent la petite place en bas, les adultes discutent pendant que les enfants font du vélo. Des voisins nous ont parlé dans l’ascenseur, ils voulaient savoir si on aimait la cuisine chinoise. Pourquoi ? Parce que Thomas portait un sac avec les restes du restaurant !

Je ne résiste pas à l’envie de vous raconter quand même la suite de cette histoire de commission pour les appartements de l’université. Un jour où je travaillais à mon bureau, la responsable de l’administration est venue m’annoncer que la commission avait approuvé mon dossier, mais que j’avais une heure seulement devant moi pour me rendre au « logistics office », faute de quoi je n’aurai plus le droit de demander un logement. Vite, j’ai pris mon dossier sous le bras (j’ai appris ici à le trimballer partout, avec le passeport, le contrat de mariage, le bilan de santé, etc.), j’ai foncé au bureau. Là, on m’a fait attendre une demie-heure, avant de me faire signer des cases sur des listes, de me demander de choisir un numéro d’appartement parmi une liste d’une cinquantaine. Comme il n’y avait pas de description, j’ai pris un truc au pif. Ensuite, on m’a demandé de signer le bail. J’ai insisté pour visiter l’appartement avant. Tout de même… mais non, ce n’était pas possible. J’avais uniquement le droit de visiter la résidence. Face à ma déception, l’une des employées m’a montré le plan de l’appart. J’ai constaté avec effroi que c’était un studio. J’ai ressorti le papier tamponné par l’université sur lequel il était indiqué en chinois qu’étant mariée, j’avais le droit au T2 ou T3. Mais impossible : ils avaient tous été choisis par les enseignants chinois. J’ai insisté, « on est deux, on ne va pas aller dans un studio de 30m² ! ». Elle m’a montré un papier pour me prouver qu’elle n’était pas de mauvaise foi : la liste des logements plus grands, avec la signature des enseignants. Je l’ai regardée attentivement, et j’ai constaté que dans la case « nombre de personnes », la majorité avaient indiqué « 1 »… Donc les enseignants chinois sont passés prioritaires pour les logements plus grands, même s’ils étaient seuls. J’étais un peu dégoûtée, j’ai rendu le bail non signée à l’employée, qui semblait déçue elle aussi. Au final, je suis contente d’avoir trouvé l’appartement actuel, qui est certes un peu plus loin et plus cher, mais plus beau, plus moderne, et surtout… à côté de la mer !

3 commentaires sur “Enfin chez soi

  1. Une étape supplémentaire franchie grâce à votre initiative et votre énergie, avec une issue positive. Vous pourrez poursuivre votre intégration (et vous reposer de toutes ses émotions) dans de bonnes conditions: je suis heureuse pour vous. Que de choses accomplies et vécues depuis 4 semaines….! Vous vous êtes bien débrouillés! C’est votre union qui fait votre force! Vous avez du déjà beaucoup progresser en mandarin devant ces situations compliquées. Encore merci et bravo pour ton blog car c’est complémentaire de appear.in. Il me faut bien les 2 sources d’information pour vous imaginer dans ce nouvel environnement et me rassurer. On dirait qu’il y a des piscines au pied des immeubles? sans eau?
    Prenez soin de vous, continuez bien votre exploration…..

  2. Bon voilà ! Enfin chez vous ! Mais quand même, ne pas avoir droit à ce qui était annoncé… C’est pas top top de leur part d’avoir fait des différences entre les enseignants… Vous avez une piscine (commune) au pied des immeubles ?… Bonne installation à vous 2. Bises

  3. Oui, il y a une piscine au pied des immeubles de la résidence ! Mais elle n’est ouverte que l’été, c’est-à-dire seulement juillet-août ! J’aurais bien piqué une tête, dommage…

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